L’école peut faire face aux échecs, mais pour se transformer, il lui faut des moyens. La démocratisation scolaire des années 80 a buté sur le manque de moyens, mais aussi sur le fond : comment faire en sorte que « l’accès » de tous aux études longues se traduise par une réelle réussite de chacun dans l’appropriation des savoirs ? Les élus de droite utilisent ces limites pour faire accepter les inégalités comme une fatalité sociale, en culpabilisant les enfants, les familles et les enseignants. On connaît la recette : faire accepter le renoncement en prônant –nostalgie oblige─ les méthodes d’un passé où, sous le masque républicain, l’école triait les élèves sans état d’âme selon leur origine sociale. Avec le « socle commun » du nouveau ministre de l’Education Nationale Xavier Darcos, l’école cesse de viser les mêmes objectifs pour tous les élèves. La multiplication des savoirs exige au contraire que les adultes de demain connaissent davantage de choses, qu’ils aient développé de nouvelles capacités de réflexion. L’école regagnera en crédibilité non pas en baissant le niveau pour nos enfants, mais en le relevant pour tous. Les candidats communistes portent cette ambition démocratique. Ils proposent un plan pluriannuel garantissant les recrutements et les formations des personnels nécessaires, un fonds d’action contre les inégalités développant la recherche en liaison avec les pratiques des établissements, des observatoires des scolarités permettant de développer l’action commune. Un vote plus massif en leur faveur est nécessaire pour peser de façon efficace sur le gouvernement.

Véronique Bourquin-Valzer, syndicaliste enseignante Muriel Ternant, enseignante